L’esclave devenu employé

Le monde évolue et le sens des mots aussi. Regardez il n’y a pas si longtemps, c’était très commun d’être un esclave. Maintenant, ça n’existe presque plus.

Maintenant, il y a des employés.

Rappelez-vous que ça a pris des siècles pour que les esclaves se rendent compte petit à petit qu’ils ne sont pas obligés par une loi naturelle d’être des esclaves, et qu’ils peuvent donc devenir des femmes et des hommes libres.

Ça sera exactement la même chose pour les employés. Petit à petit, de plus en plus d’employés vont se dire : Pourquoi je perçois un salaire pour contribuer à enrichir un entrepreneur ou des actionnaires ? Je veux être actionnaire moi aussi.

Et de la même façon qu’il y a eu ce qu’on appelle « l’abolition de l’esclavage », il y aura aussi, peut-être d’ici 200 ans, l’abolition du salariat, qui sera perçu comme une honte morale comme l’esclavage l’est aujourd’hui.

Oui bien sûr qu’on va me dire que l’entrepreneur et les actionnaires ont pris des risques et des responsabilités que les employés ne prennent pas. Mais on a dit à peu près les mêmes choses pour maintenir l’esclavage.

C’est comme si l’esclave ou l’employé ne prend pas de risques en s’engageant à faire quotidiennement, dans les champs, les chantiers de construction, les mines, ou bien devant un écran d’ordinateur, le travail qu’il fait pendant des dizaines d’années.

Le grand mensonge

Le plus grand mensonge que les dernières religions ont ancré en nous, et auquel croient encore même les agnostiques et les athées, comme les enfants qui croient au père Noël, c’est le mensonge qui proclame que l’être humain est libre de ses choix.

Toute notre civilisation est fondée sur ce mensonge du libre arbitre.

Un cerveau mâle

Un excellent ami à moi m’annonce, avec un mélange de joie et de fierté perverses, comment il trompe allègrement sa femme.

Mais lorsque je lui ai annoncé honnêtement que j’aimerais bien entretenir une relation avec sa femme, il est tout d’un coup devenu réticent, évasif et jaloux.

Sur le dos

Il y a quelques jours j’ai assisté à une scène d’un cheval très désobéissant. Deux fermiers essayaient de le ramener sous leur domination en le tirant par la corde qu’ils lui avaient passée autour du cou. Mais le cheval résistait et partait dans tous les sens non désirés par ses maîtres. La scène a ainsi duré pendant à peu près 15 minutes, jusqu’à ce que le cheval s’est senti forcé de suivre les deux fermiers et de retourner à son écurie.

Quelques heures plus tard, j’ai vu le même cheval sortir de l’écurie. Il marchait tranquillement et d’une manière élégante, avec l’un des deux hommes confortablement assis sur son dos.

Voici je m’étais dit un élève qui est allé à la bonne école, pour suivre la bonne formation, et pour enfin avoir son employeur sur le dos.