La meilleure manière de neutraliser votre opposant politique ou intellectuel est tout simplement de bien comprendre ses opinions et ses idées, d’adopter ses perspectives, sa sensibilité et ses points de vue.

Il faut faire des idées de votre « ennemi » vos propres idées, jusqu’à déchiffrer les tous premiers fondements sur lesquels se basent toute son argumentation, sa logique et les démarches les plus subtiles de son esprit.

Une fois parvenu aux fondements philosophiques et métaphysiques premiers de votre interlocuteur (que parfois il ignore lui-même), il suffit de poser des questions précises afin de retourner le plancher sur lequel repose toute son existence. Il résistera bien sûr. Chaque être humain résiste d’une manière ou d’une autre avant de s’abandonner dans le vide effrayant.

Celui qui est debout sur le pôle nord réalise tout d’un coup que le ciel, pour celui qui est debout sur le pôle sud, est en bas, vers la direction de ses jambes et ses pieds.

En jouant à cet exercise, certes dangereux, vous pouvez aussi vous neutraliser vous-mêmes. Vous pouvez réaliser que vous êtes, vous aussi, exactement comme votre « ennemi » : un charlatan qui résiste, et qui ne fait que argumenter pour défendre des positions, des croyances et des tendances intellectuelles qu’il n’a jamais ni librement choisies, ni librement critiquées.